Nous sommes en 2007 après J.-C.
Forte de 300 millions d'individus, toute l'Amérique est occupée par les Anglophones. Toute? Non! Une petite région peuplée de 7 millions d'irréductibles Québécois résiste encore et toujours à l'assimilation.
C'est un peu ce qu'Albert Uderzo et René Goscinny auraient pu écrire en créant, pour nous, les Aventures de Traductorix, le Québécois.
Nos druides, ce sont nos linguistes, tels Jacques Laurin, Roland Jacob et quelques autres, qui veillent sur notre langue. Notre potion magique à nous? L'Office québécois de la langue française.
Nous aimerions, ici, rendre hommage à nos traducteurs, réviseurs et autres correcteurs d'épreuves. Ce sont eux qui sont sur la ligne de feu et nous permettent de vivre dans un français correct tout en tenant compte d'une réalité nord-américaine.
Le travail qui consiste à transposer, non pas de simples mots, mais des expressions, des concepts, des idées, dans une autre langue n'est pas de tout repos. Il exige bien sûr une maîtrise de la langue, mais aussi des notions spécifiques dans des domaines particuliers, et souvent très pointus.
N'est pas traducteur qui veut!
Et le travail est exigeant : des termes spécifiques à une industrie, des néologismes qui apparaissent tout à coup et qu'il faut réussir à rendre, non pas seulement de façon précise et correcte, mais aussi et surtout de façon compréhensible. Même si le terme utilisé est on ne peut plus exact, si l'intéressé ne comprend pas, l'exercice est futile.
Et c'est là un défi que relèvent, pour nous, nos traducteurs.
Ajoutez à cela des délais le plus souvent trop courts. L'expression « C'est pour hier! » est une réalité avec laquelle ils doivent composer presque tous les jours. Un rédacteur aura peaufiné un texte qui aura été lu, révisé, relu, et retouché pour une quatrième ou une cinquième fois...
Mais lorsqu'arrive l'étape de la traduction, il n'y a plus une minute à perdre : le produit devrait déjà être en tablette, le livre imprimé, le long métrage en salle.
Bien que le traducteur moderne dispose d'une gamme impressionnante d'outils (dictionnaires de toutes sortes, grammaires, et logiciels de traduction - pour un premier jet), le travail nécessite souvent des recherches qui demandent... du temps.
Mais, le plus souvent, le traducteur n'a pas le luxe du temps. Alors... bienvenue les nuits de veille... et le café fort. Comme le dit Claude Dubois dans une de ses chansons : « Y'a pas qu'les musiciens qui veillent, y'a aussi... »
Et la reconnaissance?
La reconnaissance pour un travail bien fait? Si peu. Et pas si souvent que ça!
Pire, quand il s'agit de rendre une traduction à quelqu'un qui n'y entend rien, ne connaît pas notre langue, et n'est donc pas en mesure d'apprécier la qualité du travail. Quelqu'un qui pourrait un jour lancer tout bonnement... qu'on peut maintenant obtenir des textes traduits pour beaucoup moins cher sur Internet.
Une bonne, et même une excellente traduction, passe généralement inaperçue : alors qu'une mauvaise...
Mesdames les traductrices, Messieurs les traducteurs, vous faites un travail COLOSSAL.
Et, nous faisant les porte-parole des Québécois, nous vous remercions d'être là et de veiller sur notre langue.
Fax-Affaires inc.
Voir aussi :
Un mot sur le bulletin « Pour tout dire »
L'auteur de nos textes : Jacques Laurin
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